Lutte contre l'érosion : une logique partenariale nécessaire

Avec l'Agence de l'eau Artois-Picardie, le Conseil général du Nord est l'un des principaux partenaires d'un programme qui ne pourrait pas être assumé par le seul SIAHSA.
Entre Cambrésis et Valenciennois, la lutte contre l'érosion continue de mobiliser le syndicat intercommunal d'aménagement hydraulique de la Selle et ses partenaires.
Les multiples arrêtés de catastrophes naturelles pris au cours des dernières années dans la Vallée de la Selle rappellent l'enjeu d'un programme visant à assurer une meilleure gestion hydraulique de cet affluent de l'Escaut. L'autre constat concerne la qualité de l'eau, jugée « passable ». Également victime d'envasement, la rivière présente des résidus de nitrates et de phosphore en surface. Quant à la nappe souterraine, elle n'est pas plus épargnée par la dégradation de son état.
Des projets à financer
Dans la commune de Saint-Python, son maire Georges Flamengt rappelle la situation: « nous sommes sur le lit d'une rivière qui a déjà posé problème avec des inondations et des coulées de boue. La situation s'est améliorée mais nous devons encore travailler à la création de zones d'expansion de crues. Il reste beaucoup à faire et pour cela, nous avons besoin de moyens. » Dont ceux du Conseil général du Nord, qui contribuent diversement à la réalisation des études préalables dans le cadre d'un contrat de rivière, de travaux d'aménagement des berges, de lutte contre le ruissellement ou encore des travaux d'entretien du cours d'eau.
Lors de sa visite sur le territoire – dans le cadre des « Jeudis d'été » –, le président Bernard Derosier a fait valoir que « l'intervention du Conseil général dépend d'une volonté politique puisque la politique de l'eau ne fait pas directement partie de son bloc de compétences. » Et celui qui est aussi député du Nord (PS) d'en profiter pour fustiger le projet du gouvernement de revenir sur la capacité des collectivités locales à agir en dehors de leurs « affaires ».
Convention avec le monde agricole
Nouvellement adopté après un premier jet en 2005 (abandonné faute de moyens), un « plan de gestion de la Selle 2010-2020 » se met progressivement en place. Au plan agricole, depuis le début de l'année, 4,4 hectares de bandes enherbées ont été implantés, demandant la participation de 17 agriculteurs. Neuf kilomètres de haies ont également fait leur apparition dans le paysage. Enfin, des actions de sensibilisation sur la modification des pratiques culturales continuent d'être menées avec le SIAHSA.
Articulé autour de six programmes opérationnels (aménagements du bassin versant, du cours d'eau, rétablissement de la continuité biologique et sédimentaire, requalification écologique des berges, diversification des écoulements, restauration d'espaces boisés) le plan de gestion estime à environ quatre millions d'euros sur dix ans le coût de sa mise en oeuvre.
Vincent Fermon