La leçon d'agronomie de Bonduelle

La visite de l'exploitation, qui jouxte l'usine de Renescure, a été accompagnée par trois responsables de Bonduelle (Relations extérieures et développement durable / agronomie / communication) pour ex
Non labour, semis sous couvert ou encore protection intégrée des cultures ont remplacé les méthodes classiques de production sur la ferme de la Woestyne, propriété de la famille Bonduelle.
Le groupe Bonduelle en a fait un « laboratoire » pour l'amélioration des pratiques agricoles. Implantée à Renescure, la ferme de Woestyne s'étend sur 410 hectares où un chef de culture et trois salariés cultivent des légumes verts (pois, haricots), des betteraves sucrières, du lin, des céréales et protéagineux.
Pratiques innovantes depuis 2006
Particularité de l'exploitation, on y applique des techniques innovantes de culture qualifiées de plus respectueuses de l'environnement. Depuis 2006, le semis direct et l'installation de couverts végétaux remplacent ainsi le labour. En matière de protection des cultures, le chef de culture a également fait le choix d'une protection intégrée, à l'image de ce qui se pratique déjà dans huit fermes-pilote partenaires de Bonduelle en Picardie.
En optant pour la protection intégrée, Jean Tasiaux s'est permis une réduction de ses achats d'intrants avec une diminution de la quantité de matière active par hectare et la réduction du volume de bouillie, passant de 150 à 20 litres par hectare. Avec le changement de pratiques, la ferme de Woestyne se veut également moins énergivore. « Depuis que nous ne pratiquons plus le labour, nous n'avons plus besoin de grosses puissances sur l'exploitation et nous avons diminué notre consommation de fuel de 40 % » assure-t-il.
La biodiversité – qu'il s'agisse de faune ou de flore – ne s'en porte que mieux. « On replace ainsi l'agronomie au coeur du métier d'agriculteur, sans toutefois mettre à mal la compétitivité de l'exploitation » assure Jean Tasiaux. Sans omettre de citer des contraintes nouvelles associées au changement de pratiques : observation accrue sur le terrain, démarrage plus lent des cultures de printemps, fenêtre d'intervention plus réduite ou encore la non adaptation de certaines pratiques à des cultures telles que la carotte, la pomme de terre ou l'endive.
Des travaux à poursuivre
S'agissant d'un terrain d'expérimentation – pour ne pas dire terrain de jeu –, les pratiques mises en oeuvre à la ferme de Woestyne n'ont pour l'heure pas vocation à s'étendre à l'ensemble des producteurs partenaires. « Il s'agit d'un exemple unique, assure Géry Capelle, et nous devons poursuivre nos travaux d'expérimentation ». Directeur des relations extérieures et du développement durable du groupe, Jean-Bernard Bonduelle confirme : « La seule certitude que nous ayons aujourd'hui, c'est que le monde agricole doit changer ses méthodes de culture et que nous devons avancer. Il n'y pas de solution exclusive ».
Vincent Fermon