Cueillette à la ferme : les clients viennent cueillir la fraîcheur

Après les fleurs et quelques légumes, Alain et Emmanuelle envisagent d'élargir leur gamme avec choux, tomates anciennes et de plantes aromatiques.
Depuis début juillet, Emmanuelle et Alain Honvault invitent les consommateurs à cueillir eux-mêmes différents légumes sur leur exploitation, à Sangatte (62).
La vente au détail sur l'exploitation, cela fait bien longtemps que le couple Honvault la pratique. Depuis leur installation en 1985, la totalité de leur production horticole passe en effet par ce circuit, faisant l'objet d'un choix assumé. Question de taille de structure d'abord, les Serres de Sangatte, c'est 800 m2 de plantes sous abri, 4 800 m2 de parterres pour plantes vivaces et quelque 2 000 pots de chrysanthèmes. La culture légumière, sur 1 000 m2 est arrivée ensuite, depuis avril. « Il fallait trouver une activité pour les mois de juillet à septembre, qui est synonyme de temps mort sur l'exploitation », explique Emmanuelle Honvault.
Prix inférieur et meilleure marge
L'ouverture de leur exploitation à la culture légumière vient enrichir une offre en cueillette à la ferme déjà présente dans l'ouest du calaisis. La commune de Sangatte, où ils sont installés, compte en effet un producteur de fraises ; et celle de Peuplingues, un verger où il y a foule au moment de la cueillette des pommes. Voir un tel succès, c'est sûr, cela donne des idées à des producteurs qui cherchent progressivement à convertir leurs cinq hectares de céréales en production légumière.
Pour le couple d'horticulteurs, le choix de la vente directe s'est imposé aussi en ce qu'il permet de réduire le risque « impayé ». « Les sommes en jeu sont moins importantes avec des particuliers qu'avec des gros clients », avance Mme Honvault. À qui la self-cueillette permet aussi de proposer légèrement inférieurs à d'autres distributeurs. « Nous avons notre recette tout de suite à un prix supérieur que dans d'autres circuits alors que le client paie, lui, un peu moins cher ses produits. »
Proximité et fraîcheur des produits
Plutôt urbains, les clients viennent de la commune et de ses alentours. « On capte une clientèle qui n'a pas l'occasion de jardiner. Et pour les gens qui viennent avec les enfants, c'est aussi un but de sortie », constate Alain. « On insiste sur la convivialité. Pour la rhubarbe, le couteau est planté devant le premier pied et chacun vient avec son sac ou son carton. » Récemment, un restaurateur de la commune s'est lui aussi laissé convaincre par la proximité et la fraîcheur de l'approvisionnement aux Serres de Sangatte.
Présente sur deux marchés, le vendredi et le dimanche, Emmanuelle Honvault continue de faire la promotion de ses légumes : « les clients sont très curieux et les questions sont nombreuses. Il faut tout connaître de ce que l'on vend, de la graine jusqu'à la manière de préparer les légumes ! » La relation avec le consommateur, c'est cela qui fait (aussi) l'intérêt de la vente directe.
Vincent Fermon