Article du 16/08/2012 à 10:53
Coqs de combat : Comme un coq en pâte
Jean-Marc Maurice (à gauche) et Albert Delrive sont deux éleveurs passionnés par le Combattant du Nord.
Le Combattant du Nord, race de coq régionale, a été sauvegardé grâce à la tradition des combats de coqs. Albert Delrive, éleveur passionné, nous ouvre les portes de son élevage.

L'élevage de coqs de combat est une tradition du Nord-Pas de Calais. Une race régionale de coq existe également : le Combattant du Nord. Quelque 3 000 éleveurs passionnés perpétuent la tradition. Ils sont regroupés au sein de la Fédération des coqueleux* de la région Nord de la France. Albert Delrive et Jean-Marc Maurice sont deux d'entre-deux. « Si les coqueleux n'avaient pas maintenu la tradition, la race aurait sans doute disparu », souligne Albert Delrive. « Nous sauvegardons un animal qui fait partie de notre patrimoine ». L'élevage est d'ailleurs très rigoureux et professionnel car « l'éleveur, les soins apportés au coq, la nourriture et la génétique » font un bon coq.

Un coq « bichonné »

« Les coqs sont bichonnés pendant un an », explique Jean-Marc Maurice. Les poussins sont soumis à un programme de vaccination complet et nourris avec précaution. À partir de huit semaines, les jeunes poulets peuvent sortir sur un parcours clôturé. Le chauffage du poulailler est diminué progressivement. Les coqs sont élevés en bande jusqu'à six-sept mois. « Ils développent un instinct belliqueux qui nous oblige à les séparer », explique Albert Delrive. Ils sont ensuite placés dans des volières individuelles fermées et couvertes. Le sol en terre permet au coq de conserver les pattes sèches et d'éviter également les maladies. La nourriture est soigneusement élaborée par chaque coqueleux : « Il faut que le coq ne s'engraisse pas, le développement du muscle est privilégié ». Le coq à maturité peut consommer environ 300 à 350 grammes de nourriture par jour. Il suit un régime riche en protéine. 15 jours avant le combat, de l'avoine noire est ajoutée à la ration du coq pour qu'il soit « au top de sa forme. Nous n'avons aucun intérêt à envoyer des coqs en mauvais état au combat ».

Une sélection rigoureuse

« Les coqs reproducteurs sont les plus rigoureux, les mieux conformés et ayant fait preuve de leur qualité physique pendant les combats », commente Albert Delrive. Les coqs les plus faibles sont écartés. Pour sélectionner les poules reproductrices, les performances des frères sont observées. L'accouplement est très encadré. Le coq est isolé avec plusieurs poules. Les animaux sont sélectionnés pour éviter la consanguinité. Le poulailler où sont placés les reproductrices, est « souvent éclairé le soir et le matin pour faciliter la ponte ». Seuls les poussins mâles sont conservés. « La sélection est un des points clefs de l'élevage », souligne Albert Delrive.
« L'idéal est d'avoir des poussins de début de saison, c'est-à-dire en janvier », explique l'éleveur. La couvaison dure 21 jours. Ils sont ainsi prêt pour la période de combat qui s'arrête entre le 15 août et décembre car les coqs entrent dans une période de mue.

Un « athlète 
de compétition »

Après un an de soins, le coq est prêt pour les combats. Ils sont répartis par catégories de poids, tels des boxeurs : « Du très petit au super lourd ». Le Combattant du Nord, lui, pèse entre deux et cinq kilogrammes.
« On entraîne toujours les coqs quelques semaines avant », explique Jean-Marc Maurice. « On ne fera jamais combattre un coq pour qu'il perde. Le but est bien de gagner », ajoute-t-il. « Et gagner, ce n'est pas forcément tuer l'autre », précise-t-il.
Carole Gautier

* Les éleveurs de coqs sont nommés les coqueleux



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