Article du 03/02/2012 à 15:09
Chicorée : la compétitivité ne paie pas
Le bon fonctionnement de l'usine Leroux de Vieille-Église tient à la discipline des producteurs en termes de respect des tonnages contractualisés et des plannings de livraison. En contrepartie de quoi
La Confédération nationale des planteurs de chicorées estime insuffisante l'augmentation du prix contractuel proposé par Leroux pour la campagne 2012.

Un euro. C'est finalement tout ce que les responsables de la confédération nationale des planteurs de chicorées auront pu obtenir des négociations avec l'industriel Leroux pour la fixation du prix 2012 de la tonne de chicorée (71 euros). « Je suis autant déçu que vous, a dit Philippe Butez à l'adresse des 246 adhérents de la confédération des planteurs, au cours de son assemblée générale. Il s'agit d'un euro de consolation alors que toutes nos charges augmentent ». Et le président Butez de demander à la société Leroux, en présence de ses représentants, « de faire un geste pour la prochaine campagne ».

Directeur de l'usine de première transformation de Vieille-Église, Pierre André s'est engagé à trouver de nouvelles manières d'augmenter la compétitivité de son outil afin de permettre une future revalorisation du prix payé au producteur « dans la mesure où cela sera possible ». Et d'ajouter que c'est bien grâce à de précédents gains de compétitivité liés à des travaux de modernisation réalisés en 2011 sur l'usine de Vieille-Église que la gratification d'un euro a pu être accordée sur le prix 2012. Pour les producteurs, l'augmentation n'est toutefois pas suffisante.

Planning et choix variétaux encadrés

En termes de volumes contractualisés, les proportions restent semblables à 2011, avec un engagement de 81 000 tonnes pour 1 800 hectares ; soit un équivalent de 20 000 tonnes de cosettes. Afin d'éviter les excédents, qui pénalisent l'industriel comme les producteurs qui en sont à l'origine, la Confédération des planteurs recommande un emblavement sur la base d'un rendement de 46 tonnes par hectare. « Nous devons veiller à être au plus près des besoins de l'industriel ».

Directif à l'encontre des adhérents en matière de prévisions d'emblavement, Philippe Butez l'est tout autant lorsqu'il s'agit d'évoquer le choix des variétés, comme le respect du planning de livraison. « Si les conditions sont réunies, la campagne devrait démarrer autour du 20 septembre pour une durée de 90 jours », a expliqué Pierre André ; et ce pour garantir « un bon fonctionnement de l'usine ». Des arrachages trop précoces, sous pression des producteurs, pourraient en effet perturber un équilibre précaire au sein de l'unité de transformation. « L'usine fonctionne déjà au maximum de ses capacités et il est difficile de raccourcir les campagnes. En cas d'arrachages en dehors des plannings de livraison, il appartient au producteur de veiller à la bonne conservation des silos ». L'accord interprofessionnel est formel sur ce point ; les producteurs sont prévenus.

Vincent Fermon



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